Tribunes
.: Août 2007
Crée depuis
peu, ce site a d’emblée suscité des réactions. Celles des amateurs
du Mont Bego au premier chef. Ils cherchent à saisir le pourquoi
d’un état de choses qui dépasse l’entendement et qui, au regard de
certains, fait régner « une ambiance opprimante » sur le site.
Pour quelle
raison s’acharne-t-on à répandre la chape de plomb sur une recherche
dont les résultats « ouvrent un nouveau regard sur ce site
protohistorique » en dévoilant ses aspects passés inaperçus jusqu’à
présent ? se demandent les connaisseurs désintéressés ou, plutôt,
intéressés uniquement par son caractère exceptionnel.
Plus les
découvertes se multiplient, plus leur importance s’affirme plus, me
semble-t-il, la machine à les broyer se met en route, tel un
« rouleau compresseur ».
Le direct
étant la manière d’information la plus objective, je reproduirai
désormais dans le cadre de cette tribune des éléments qui illustrent
le développement de cette histoire sui generis. La même
tribune est ouverte à tous ceux qui souhaiteraient exprimer un avis
ou une idée.
PROMESSES DE M. CHRISTIAN ESTROSI
Un vernissage
au Musée de Tende en juin dernier m’offrit, cette année encore, la
possibilité d’approcher M. Christian ESTROSI, Président du Conseil
Général des Alpes-Maritimes et par ailleurs un inconditionnel de
Henry de Lumley et de la science officielle qu’il incarne dans le
département. Celle qui est exercée sur le site du Mont Bego depuis
quatre décennies aux grands frais du contribuable et vise à
quantifier plutôt qu’à appréhender le caractère intrinsèque du site.
Encouragée par mes dernières découvertes (voir rubrique Actualités),
je fis quand même le pas décisif vers notre homme politique : en
phénomène parfait de son espèce, M. ESTROSI m’écouta poliment, me
fit des promesses…
La lettre que je viens de lui adresser fait
état de ce qu’il en est advenu…
L’immobilisme chronique de la Direction Régionale des Affaires
Culturelles de PACA ou
le dialogue de sourds
Au mois de juillet,
Monsieur le maire de Tende adressait un nouveau courrier au
Directeur régional des affaires Culturelles de PACA. A nouveau il
attirait l’attention sur le fait qu’une série d’objets lithiques
étaient conservés à sa mairie en attendant l’expertise des services
de la Culture.
Les nouvelles découvertes s’ajoutant aux précédentes, M. le maire de
Tende prit le soin de les détailler en soulignant l’importance
d’éléments peints et la mise au jour d’un dépôt à caractère sans
doute votif. Bref, trouvailles qui nécessitent également une
expertise urgente sur le site même.
La réponse que M.
Xavier Delestre, Conservateur Régional d’Archéologie, réserva aux
appels du maire, dépasse, me semble-t-il, l’imagination. Mieux, M.
Delestre y fait preuve de mauvaise foi qui, je le crains, frise
l’absurde : en guise d’une réponse attendue ce sont des accusations
inattendues qu’il formule à mon égard !
En témoigne ma propre réaction à sa missive :
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Monsieur
le Conservateur régional,
Monsieur le Maire de Tende vient de me faire part de votre réponse
du 13 juillet à son courrier.
Je
tiens à vous rappeler que lors de la réunion de la Commission
interrégionale en septembre dernier vous aviez invité tout les
présent d'obéir aux consignes et aux souhaits des propriétaires du
site.
A
mon rapport envoyé en décembre dernier j'ai joint une lettre du
Maire de Tende me demandant de ne pas dévoiler certaines de mes
découvertes ceci par mesure de protection : vous n'ignorez pas que
les peintures et les gravures dans la faille-grotte de la Cime des
lacs avaient été vandalisée et que ce fut constaté lors de
l'expertise organisée par la justice, l'expert ayant été recommandé
au magistrat par la DRAC. Alors qu'aucun fonctionnaire de la DRAC
n'a répondu à ses appels.
Je
vous envoie à nouveau la lettre du maire me demandant d'observer le
silence. C'est en conséquence pour obéir à sa demande, comme vous le
préconisiez, que je n'ai pas précisé ces découvertes tout en
signalant qu’elles existaient.
Par ailleurs, il me semble que les découvertes réalisées sur un site
archéologique se discutent in situ et non pas au cours de
séances administratives qui se tiennent de surcroît loin du site.
Dans ces conditions je vous prie de me préciser quand la DRAC voudra
bien mandater un spécialiste pour examiner la situation sur place et
les objets conservés en mairie. En
vous remerciant par avance.
Emilia Masson.
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Le spectre de Staline serait-il en
train de planer aux Éditions FATON/ARCHÉOLOGIA ?
Dans le fascicule n° 446 d’Archéologia
(juillet-août 2007) Jérome Magail ajoutait un nouveau panache à son
présumé cadran solaire de la Vallée des Merveilles dont le
« gnomon » se profilerait timidement sur les crêtes du Mont des
Merveilles à quelque 2350 mètres d’altitude. Loin d’être le plus
accessible de la vallée, cet endroit est balayé aussi par les
premières neiges. L’hypothèse de ce cadran, présentée discrètement
en 2002, est promue moins discrètement en découverte au début de
2007 sans faire intervenir un seul élément décisif (voir rubrique
Chroniques).
Comme de coutume, l’article de Magail est accompagné d’une
bibliographie succincte relative au site. Une référence sibylline et
de ce fait prêtant à équivoque ouvre la liste d’ouvrages retenus :
181. Dossiers d’Archéologie. La Vallée Merveilles (sic !)
Au
lecteur non averti de s’escrimer à restituer les lacunes de cette
référence! A savoir que les Dossiers en question
correspondent en réalité à deux fascicules, nos181-182 (avril-mai
1993) qui ont connu également une version livre ; qu’il ne s’agit
pas d’un ouvrage collectif, comme c’est généralement le cas, mais
d’un seul auteur qui conserve les droits sur toutes les
illustrations (dessins et photos) ; que le titre complet est
Vallée des Merveilles, un berceau de la pensée religieuse européenne ;
que l’ouvrage en question présentait une première interprétation du
site du Mont Bego dans son ensemble, et qu’il a été préfacé, voire,
cautionné par Yves Coppens et André Caquot.
Pour ceux qui ont ouvert leur regard sur le monde dans un pays qui
se trouvait sous la botte stalinienne, comme ce fut mon cas, ces
pratiques qui consistent à balayer d’un revers de manche ce qui
n’est pas « politiquement correct » sont tristement évocatrices d’un
état de dictature. La recherche française serait elle soumise à un
totalitarisme tel qui va jusqu’à obliger un éditeur privé de passer
sous silence l’identité d’un de ses auteurs à succès de surcroît?
Pire ! D’aller jusqu’à omettre des précisions requises pour les
références bibliographiques susceptibles d’aider à l’identification
de l’auteur en question ? Auteur desormaisproscrit….
.: Septembre 2007
Grandeur et décadence
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